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KASHUSHA EN TERRITOIRE DE KABARE : LES FEMMES BRISENT LE SILENCE ET RÉCLAMENT LEUR DROIT À LA TERRE, À L’HÉRITAGE ET À LA DIGNITÉ

L’organisation ASIPROPD,  en partenariat avec le Club Zaida Catalan pour la Paix et la Sécurité et  l’ONG SARCAF, a tenu ce mercredi 03 décembre 2025 une rencontre historique des femmes de Kashusha, dans la salle du CVD. Une réunion marquée par une profonde émotion collective où des larmes ont coulé, révélant des années d’injustice, de marginalisation et de souffrances vécues dans le silence.

Au cœur de cette session d’éveil, deux interventions majeures ont particulièrement touché et mobilisé l’assemblée.
Maître Samuel MULEMANGABO, avocat et allié engagé des femmes, a insisté avec force sur les droits successoraux garantis par la loi congolaise. Il a rappelé que la loi protège l’héritage des femmes, leur reconnaît une place dans la gestion et la transmission des biens familiaux, et interdit toute forme d’exclusion fondée sur le genre. Son appel à la conscience communautaire a provoqué une onde de choc dans la salle, où beaucoup ont réalisé l’écart dramatique entre la loi et leur réalité quotidienne.

À sa suite, Madame Edith, experte en Violences Basées sur le Genre (VBG) et représentante de SARCAF, a renforcé ce message en exposant, avec rigueur, ce que les textes congolais et les normes internationales prévoient. Elle a souligné que priver une femme de son héritage, de son droit à la terre ou de sa capacité à disposer d’une parcelle est une violence économique grave, et que ces pratiques entravent non seulement la dignité des femmes, mais aussi le développement de toute la communauté.
Son intervention a ouvert un espace où plusieurs femmes de Kashusha ont exprimé, en larmes, les injustices subies : impossibilité d’hériter, spoliations, marginalisation dans un village devenu l’un des plus convoités de la région, où pourtant aucune femme de Kashusha ne peut disposer d’une terre.

Cette rencontre s’inscrit dans la grande campagne des 16 Jours d’Activisme contre les Violences faites aux Femmes, initiée par ASIPROPD. Après Mudaka et Miti, c’était au tour de Kashusha d’accueillir cet espace de prise de conscience et de mobilisation. Les prochaines étapes auront lieu les 06 et 08 décembre 2025 à Kalonge, où des commissions d’éveil seront également consolidées pour poursuivre ce travail.

Ces initiatives préparent une grande rencontre finale, prévue le 10 décembre 2025, qui rassemblera tous les comités d'éveil déjà mis en place dans les différentes localités. L’objectif : harmoniser les stratégies, renforcer la solidarité entre villages et engager un combat collectif continu pour la défense des droits des femmes.

Dans son adresse, Théophile NYAKARHALE, responsable de ASIPROPD, a exhorté les communautés, les familles et les autorités locales à respecter sans condition les droits des femmes, en particulier leur droit à la terre, à l’héritage et à l’éducation. Il a souligné que ces droits sont essentiels à l’autonomisation féminine, à la sécurité alimentaire, à la protection de l’environnement et à la stabilité sociale, même en période de conflit armé.
Il a appelé à soutenir ce mouvement, rappelant que les femmes sont au cœur de la résilience communautaire et de la préservation du PNKB.

ASIPROPD, appuyée par ses partenaires, réaffirme son engagement à accompagner les femmes dans ce combat légitime, urgent et indispensable pour la justice, la paix et le progrès des communautés riveraines du Parc National de Kahuzi-Biega.

Contacts ASIPROPD
 099 040 6477 / 085 819 1880 [asipropdkivu@gmmail.com](mailto:asipropdkivu@gmmail.com)
 Facebook : ASIPROPD/RDCasbl